Il y a deux mille ans en Chine...
Selon les textes anciens, les premiers cerfs-volants du monde seraient nés il y a environ 2500 ans, vers 420 av. J-C, durant la période des “Printemps et Automnes”, dans la province chinoise du Shandong.
La légende dit que Lu Ban, artisan charpentier du pays de Lu (actuel Shandong), vit un milan voler dans le ciel et s’en inspira. Taillant un oiseau semblable dans du bambou, ce dernier vola pendant trois jours. À la même époque, Modi consacra trois années à la construction d’un “milan de bois” qui vola une journée entière avant de tomber au sol.
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La plus ancienne mention distincte du cerf-volant date du 11ème siècle av. J-C. On l’utilisait alors à des fins essentiellement militaires, comme système de communication servant à recueillir des informations, à espionner, et surtout à transmettre des messages. Les héros militaires qui auraient utilisé le cerf-volant pour parvenir à la victoire ont donné naissance à de nombreux mythes. Par exemple, à l’époque des dynasties du Nord et du Sud (420-581), quand le roi Wu des Liang fut assiégé par Hou Jing, Yang Kan eut l’idée de construire un gros cerf-volant sur le modèle des ailes de vautour et le fit voler quand le besoin se fit pressant de demander du secours auprès du Haut commandement de l'Etat.
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Avec les progrès réalisés dans le domaine des communications, les cerfs-volants perdirent peu à peu leur vocation militaire pour se transformer en jeu plus pacifique. Ils purent ainsi, à l’époque des Tang (618-907), devenir le divertissement le plus pratiqué du royaume.
On raconte qu’à l’époque des Cinq Dynasties (907-960) Li Ye construisait dans son palais des milans de papier qu’il faisait voler pour se distraire dans la cour impériale. Par la suite, il rajouta sur la tête de ses milans des flûtes de bambou pour que le vent, en soufflant, produise une douce musique. Cet instrument se nommant “zheng”, on rapporte qu’à partir de ce jour les milans de papier furent appelés “fengzheng”, ce qui signifie “flûte de vent”. Ce nom est resté celui des cerfs-volants d’aujourd’hui. Mais on les appelle encore aussi “milans de papier” (zhiyuan), “phénix en soie” (feng un), ou “hiboux de papier”… selon leur forme ou leur motif.
De la Chine, où il est né, le cerf-volant s’est ensuite répandu au Japon et dans le monde entier faisant l’admiration des étrangers tout comme le compas ou l’imprimerie.
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Bénéficiant d’un essor important à la période des Song (960-1279), le cerf-volant devint un des principaux loisirs populaires, et gagna toutes les couches de la population. À cette époque, quand les cerfs-volants avaient volé un bon moment haut dans le ciel, la coutume était de les lâcher dans les airs avec l’espoir qu’ils emporteraient avec eux les pulsions négatives de celui qui les faisait voler ainsi que les malheurs menaçants tous les siens.
Dans les villages, les loisirs étant peu variés et les ressources limitées, le cerf-volant est vite devenu le passe-temps favori des paysans. Ils les construisent l’hiver en famille et les font voler au-dessus des champs durant le printemps et l’été. Une fois par an, à la fête du Printemps, tous les enfants quittent leurs maisons, accompagnés de la famille entière, pour faire voler leurs cerfs-volants dont ils coupent ensuite la ficelle pour les laisser tournoyer librement dans les airs.
Les Chinois ont également coutume d’accrocher à leurs cerfs-volants des gongs, des harpes éoliennes, ou bien des flûtes qui produisent des sons étranges, inquiétants et fascinants à la fois. La nuit, de petites lanternes sont accrochées à la corde puis remontent jusqu’au cerf-volant au gré du vent.
Une autre coutume consiste à accrocher à la corde du cerf-volant de petites boîtes remplies de minuscules bouts de papiers multicolores pour qu’elles remontent doucement jusqu’à lui. On célèbre alors “offrande du riz” en tirant brusquement sur la corde, ce qui a pour effet de renverser ces boîtes et d’envahir le ciel d’une pluie de fleurs.
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